Face aux conséquences de la sécheresse, le Gouvernement a annoncé un plan de soutien de plus d’1 milliard d’euros destiné aux agriculteurs, avec un double objectif : indemniser rapidement les pertes exceptionnelles pour éviter les faillites, et relancer la production en facilitant l’approvisionnement en intrants. Plusieurs de ces mesures concernent directement les structures équestres, notamment celles dont l’activité repose sur la valorisation des prairies.
Le principal outil de ce plan reste l’Indemnisation de solidarité nationale (ISN), qui compense les pertes de récolte liées aux aléas climatiques exceptionnels. Pour les prairies, dont dépendent de nombreux éleveurs et centres équestres, écuries, le seuil de déclenchement est fixé à 30 %, et la production annuelle est évaluée via un indice simple, sans qu’il soit nécessaire de fournir de justificatifs de rendement. L’État a annoncé un versement accéléré de cette indemnisation afin que les exploitants touchés perçoivent leurs aides dans les meilleurs délais. Un dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés non bâties viendra également alléger la facture des pertes subies.
Pour préparer la prochaine campagne, un fonds de réarmement agricole de 235 millions d’euros a été mis en place, piloté au niveau régional et départemental par les préfets. Territorialisé, il doit accompagner en priorité les exploitations les plus en difficulté, notamment pour financer l’achat d’aliments pour animaux, de fourrages, de semences et d’autres intrants essentiels à l’activité des structures équestres. La solidarité nationale sera par ailleurs renforcée pour garantir l’approvisionnement en fourrage des élevages les plus exposés à la pénurie.
Un dispositif exceptionnel de prise en charge des cotisations sociales agricoles (PEC ICMO), destiné à atténuer les conséquences de la crise au Moyen-Orient sur le secteur, a mobilisé une enveloppe nationale de 20 millions d’euros. En Normandie, cette enveloppe s’est répartie entre les cinq départements, avec 427 109 € pour le Calvados, 273 989 € pour l’Eure, 389 654 € pour la Manche, 320 281 € pour l’Orne et 397 421 € pour la Seine-Maritime. Réservée aux exploitants agricoles installés au 1er janvier 2026 et justifiant d’une consommation de gazole non routier, l’aide s’élevait à 800 € par exploitant, avec un bonus de 100 € pour les jeunes agriculteurs de 40 ans au plus et un malus de 200 € pour les exploitants aux revenus les plus élevés.
Réunie le 10 août, la Chambre régionale d’agriculture Côtes Normandes a acté l’utilisation de la fongibilité des crédits entre départements pour ajuster la répartition aux besoins réels du territoire : 147 009 € de l’enveloppe du Calvados et 62 937 € de celle de l’Orne sont ainsi venus renforcer celle de la Manche, qui comptait le plus grand nombre de dossiers éligibles (733, contre 343 dans le Calvados et 280 dans l’Orne).
Le soutien exceptionnel au GNR agricole, à hauteur de 15 centimes par litre, est prolongé jusqu’en octobre 2026 pour un montant total de 106 millions d’euros à l’échelle nationale, afin de faciliter les travaux agricoles d’automne. Dans l’Eure, une expérimentation permettra d’ouvrir plus rapidement les droits au RSA pour les exploitants confrontés à un choc économique, sans attendre la clôture de l’exercice comptable. Dans l’Orne, une seconde enveloppe sur les fonds d’action sanitaire et sociale vient en aide aux chefs d’exploitation en difficulté, qu’elle soit liée à la sécheresse, aux intempéries, à une épidémie sur le cheptel ou à des difficultés personnelles. Enfin, un accompagnement social et psychologique renforcé est prévu pour les agriculteurs les plus en difficulté, en complément des échéanciers individualisés de paiement des cotisations mis en place avec la MSA.
Chaque département normand dispose depuis juillet d’une cellule sécheresse dédiée, chargée de coordonner la mise en œuvre de ces mesures au plus près des besoins des exploitants.